La côte Nord-ouest de la Tasmanie


8 janvier 2010

Minuscule à l’échelle du continent, verte, humide, constellée de villes et villages du début du 19e siècle et de merveilles naturelles, l’Île de Tasmanie est une destination à part entière. Séparée du continent par les 250 km du détroit de Bass, elle forme un triangle de 300 km de côté et 70 000 km2 de superficie soit 1% de l’Australie. L’histoire y est partout présente que ce soit à Hobart, sa capitale charmante et provinciale au sud, dans les campagnes parsemées de fermes géorgiennes ou victoriennes ou au pénitencier de Port Arthur. Elle ressemble à une toute petite pointe détachée du sud-est du continent et abrite un peu moins de 485 000 habitants.

Géographes, à vos cartes ! La Tasmanie est située plus au sud, en latitude, que le cap de Bonne-Espérance (Afrique du Sud), dans les quarantièmes rugissants ou Roaring Forties, ces 40e degrés de latitude Sud réputés pour leur tempêtes. Ses voisins sont, à l’est, la pointe nord de l’Île du Sud de la Nouvelle-Zélande, au sud, l’Antarctique et, à l’ouest, l’Argentine ! La population se concentre principalement au nord et au sud-est où la campagne est riche et fertile et le littoral accessible et accueillant. Par contraste, la côte ouest reste sauvage et isolée, des mers démontées, des vents violents et des orages sans fin en hiver battant le rivage. À l’intérieur des terres, forêts luxuriantes et montagnes forment l’une des régions sauvages les mieux préservées au monde, ce qui leur a valu d’être inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. La côte est, sèche et ensoleillée, attire de nombreux vacanciers.

Le traversier qui part de Melbourne prend entre 10 et 12 heures pour rallier la Tasmanie selon l’humeur de la mer de Tasman. Comme à notre habitude, nous avons fait une traversée tranquille, mer calme, sans histoire. Nous décidons d’aller explorer d’abord le nord-ouest de l’île car c’est encore la période des grandes vacances pour les Australiens et la côte est, réputée pour ses plages et son soleil, est bien achalandée jusqu’à la fin janvier.

Wynyard, Sulphur Creek, Boat Harbour Beach, Sisters Beach, Stanley, des petites villes et villages qui bordent la mer et qui nous accueilleront pour une ou deux nuits chacun. Tous les soirs, un camping gratuit au bord de la mer, grandes plages en prime pour les marches de fin d’après-midi. Parfois les pieds dans l’eau mais pas plus, l’eau est plutôt fraîche… 170 C, rien à voir avec Fidji ! Par contre, le soleil brille et tape fort ici… la Tasmanie est située sous un trou de la couche d’ozone, crème solaire obligatoire sinon coup de soleil assuré !

En quelques mots, voici nos coups de cœur pour le nord-ouest de la Tasmanie :
  • près de Wynyard, le ¨Table Cape¨, un plateau suspendu au-dessus de la mer qui offre une vue inégalée de la région;
  • le promontoire de ¨Fossil Bluff¨ où on retrouve sur la plage de grosses roches de grès friable qui abrite une multitude de fossiles marins (surtout des coquillages); c’est sur ce site qu’a été retrouvé le plus ancien fossile de marsupial de l’Australie (20 millions d’années);
  • l’eau turquoise et le sable fin (on se croirait en Nouvelle-Calédonie) de la plage de Boat Harbour;
  • ¨The Nut¨, une formation volcanique de 152 m de haut sur le bord de la mer à Stanley; la montée ardue mais courte est vite oubliée grâce à la vue magnifique que l’on a du sommet.

Blue Moutains National Park (New South Wales)


1er et 2 janvier 2010

Les contreforts des Blue Mountains commencent à 65 km à l’ouest de Sydney et s’élèvent sur un plateau à 1100 m d’altitude. C’est en fait une partie de la ¨ Great Dividing Range ¨, cette chaîne de montagne qui s’étire sur toute la côte est de l’Australie. La légère brume bleutée, qui donne son nom aux montagnes, provient de l’évaporation des eucalyptus qui abondent dans le parc. Les Blue Mountains regorgent de vallées creusées dans la pierre au fil des millénaires et de spectaculaires formations rocheuses. Il y aurait eu plusieurs belles randonnées pédestres à y faire mais nous nous limitons aux plus exceptionnelles… la température maussade nous incite à avancer, nous avons rendez-vous à Melbourne le 8 janvier pour traverser en Tasmanie et, de plus, il y a foule dans les Blue Mountains, tout Sydney ayant fui la ville après les festivités de Noël et du Nouvel An pour venir prendre une bouffée d’air frais en montagne !

Nous choisissons de faire le trajet vers Melbourne par l’intérieur des terres. Des grands champs en culture et en pâturage, des vallées fertiles mais sèches pour le moment, les fermiers nous disent qu’ils attendent la pluie avec impatience… Puis, une route très sinueuse nous fait gravir puis descendre des montagnes au paysage bien particulier… un peu sinistre mais joli en même temps. Un feu de forêt a ravagé ces montagnes en 2003, la plupart des arbres sont restés debout de sorte que c’est maintenant une forêt de grands arbres aux troncs gris séchés que nous traversons. Nous croisons quelques stations de ski et hôtels de luxe, on se croirait en hiver avec tous les arbres qui ont perdu leurs feuilles !

Nous n’avons pas eu le temps de visiter Melbourne, ce sera pour le retour de la Tasmanie mais ce que nous en avons vu nous a plu. Située tout au fond de la grande baie refermée de Port Philip (50 km de diamètre), la ville est bien protégée de la mer et sa banlieue jouit de rivages et de plages magnifiques.

Petite anecdote…En quittant l’état du New South Wales, il y a plein d’affiches nous avisant que nous ne pouvons entrer dans l’état du Victoria (capitale Melbourne) avec des fruits frais (pour contrôler la mouche à fruits). Nous nous informons à des locaux et on nous dit qu’il y a parfois des barrages routiers pour contrôler les véhicules mais qu’on compte surtout sur la collaboration des gens… nous collaborons donc en pelant et faisant cuire nos pommes, poires et pêches fraîchement achetées… miam, miam… même si nous n’avons rencontré aucun barrage routier… Cela nous a rappelé notre entrée en Nouvelle-Calédonie où les officiers du ¨contrôle sanitaire ¨ nous ont offert d’attendre bien tranquillement sur le Sol Maria le temps que nous pelions tous nos fruits et légumes. En Nouvelle-Zélande, ils avaient été très polis mais ils avaient apporté un grand sac de vidanges et confisqué tous nos fruits, légumes et viandes. Réal avait juste eu le temps de prendre quelques bouchées du gigot d’agneau (de la Nouvelle-Zélande !) que l’on venait de faire cuire pour le souper ! Au Tonga, on nous avait permis de garder tous nos fruits et légumes à condition de les consommer à bord… autres pays, autres mœurs dit-on…

Sydney (New South Wales)




25 décembre 2009 au 1er janvier 2010
Même si Sydney est la ville la plus ancienne et la plus grande d’Australie avec ses 4,5 millions d’habitants, rappelons que ce n’est pas la capitale du pays. Canberra située à 280 km au sud-ouest de Sydney est la capitale australienne et ne compte que 323 650 habitants.
Un peu d’histoire pour ceux que ça intéresse… La région de Sydney était à l’origine habitée par les peuples Eora qui se distinguaient par leur sens inné de l’écologie, leurs trois langues et leurs systèmes religieux et artistiques sophistiqués. En 1788, le capitaine Phillip débarque avec la première flotte de forçats et militaires et y établit la première colonie européenne d’Australie. Privés de leurs terres, les Éoras furent systématiquement incarcérés, tués et chassés. Les premières années de la ville se déroulèrent entre quasi-famine et agitation politique jusqu’aux années 1850, décennie de la ruée vers l’or durant laquelle la population doubla. Puis les immigrants du Royaume-Uni, d’Irlande et de la Méditerranée qui fuyaient la Seconde guerre mondiale apportèrent enthousiasme et prospérité. Plus récemment, les Jeux Olympiques de 2000 propulsèrent Sydney sur la scène internationale.
La baie de Sydney, qui s’étend sur plus de 20 km, est bien protégée de la mer avec ses deux grands bras qui se referment à son entrée. Elle offre de nombreuses baies, plages et criques pour le plus grand plaisir de ses habitants. L’Opéra de Sydney, œuvre d’un architecte danois, est sans contredit le monument le plus célèbre d’Australie avec son toit faite de plus d’un million de tuiles suédoises ! L’acoustique est supposé y être extraordinaire, malheureusement nous n’avons pas pu l’expérimenter, tout était complet durant la période des Fêtes évidemment…
Nous avons donc fait un bon tour de Sydney durant cette semaine. Nous avons eu la chance d’assister au départ de la grande course de voiliers Sydney-Hobart (Tasmanie) qui se tient à chaque année et qui part le 26 décembre. C’est une des courses les plus éprouvantes au monde car elle a lieu dans les latitudes dites des ¨quarantièmes rugissants¨ réputées pour ses mers déchaînées. Le vainqueur a été un néo-zélandais, un coup dur pour les australiens qui considèrent les kiwis un peu comme leur parent pauvre… Notre semaine à Sydney a alterné entre des balades dans les rues du centre-ville et les parcs, un peu de shopping, des visites aux musés, au jardin botanique etc.
Évidemment, l’évènement le plus attendu était le grand feu d’artifices de la veille du Jour de l’An dans la baie de Sydney. Nous avons rejoints nos amis marins français Odile et Élian sur leur voilier Pelagos que nous avions rencontré la première fois à Curacao puis aux Galapagos et au Fidji. Se s’ont joints à nous, Brigitte et Daniel du voilier Excalibur, que nous avions rencontrés à Panama. Nous leur avions servi d’équipiers pour les aider à traverser leur voilier dans le Canal de Panama; nous nous étions ensuite revus aux Galapagos, en Nouvelle-Zélande puis en Nouvelle-Calédonie… le monde des marins est bien petit… ! Ce furent donc d’heureuses retrouvailles, bien arrosées comme il se doit !
Pelagos étant ancré près du pont de Sydney, nous avons pu assister aux feux d’artifices bien installés aux premières loges. Nous nous comptions d’autant plus choyés sachant qu’en ville, on escomptait avoir une foule de 1,5 million de personnes qui assisterait aux feux, certains s’installant dès 6hre du matin pour avoir une place de choix ! À 21 hre, il y a eu un avant-goût des grands feux de minuit avec un feu d’artifice de moindre envergure pour les familles. Parfait pour ajuster les caméras et nous faire patienter !
Les grands feux ont débuté à 23h45 et ils ont été grandioses ! Éclatant à partir du fameux pont de Sydney mais aussi à partir de nombreuses plateformes installées sur l’eau dans la baie, le spectacle a été éblouissant et grandiose. Cela valait le déplacement assurément !
Le lendemain matin, nous avons dit ¨au revoir¨ à nos amis et nous avons quitté Sydney en direction de Melbourne, un autre 800 km, où un autre rendez-vous nous attendait, le traversier pour la Tasmanie, le 8 janvier.

Lower Hunter Valley (New South Wales)


La Hunter Valley est la plus ancienne région viticole d’Australie, surtout connue pour son sémillon et son shiraz. Plantés dans les années 1820, les premiers vignobles couvraient déjà 20 km2 en 1860. La région compte maintenant plus de 140 domaines vinicoles et même une brasserie. Tant qu’à y être, nous y avons fait quelques petits arrêts dégustation, notamment à Wyndham Estate, là où tout a commencé en 1828, le lieu de naissance du Shiraz australien. Nous connaissions bien déjà bien les BINxxx exportés au Canada mais nous avons pu aussi goûter à des crus non exportés qui sont excellents notamment les George Wyndham. Il faut aussi dire que la dame qui nous offrait la dégustation était une française, toute heureuse de pouvoir parler français, alors nous avons eu droit à toute une dégustation !
Nous avons entre autre goûté à un vin très particulier, très prisé des australiens et aussi des asiatiques semble-t-il, un rouge mousseux ! Pris très frais, c’est étonnamment bon ! Comme nous nous rendons à Sydney pour y retrouver nos amis marins sur leurs voiliers pour fêter le Jour de l’An, pas besoin de vous dire que nous sommes repartis avec quelques bonnes bouteilles !

Dorrigo National Park et Cathedral Rock National Park (New South Wales)


Le New South Wales est l'état le plus peuplé d'Australie; c'est à Sydney que les premiers colons se sont installés en 1788. Parlant de Sydney, nous y avons rendez-vous avec nos amis marins de Pelagos et Excalibur pour assister aux magnifiques feux d'artifices du Nouvel An, il faut donc se hâter un peu, il y a 800 km à faire entre Brisbane et Sydney !
Nous prenons quand même le temps de visiter deux parcs nationaux sur notre route : Dorrigo National Park et Cathedral Rock National Park.
Dorrigo National Park protège l'une des forêts humides australiennes (rain forest) classées au Patrimoine mondial. La «skywalk», une passerelle en bois au centre de la forêt humide flotte au-dessus de la canopée et permet une vue époustouflante sur les falaises et la vallée en contrebas. Nous nous délions aussi les jambes dans de superbes sentiers a-travers la forêt qui regorge de fougères, lichens, eucalyptus et figuiers sans compter les chûtes d'eau et nombreux oiseaux qui animent sans cesse cet environnement riche et coloré dans tous les tons de vert.
À quelques km de Dorrigo, nous nous arrêtons à Cathedral Rock National Park pour admirer des énormes blocs de granit qui se tiennent en équilibre précaire sur les sommets des collines et qui parsèment aussi les forêts. Ce fut une très belle randonnée mais notre plus belle découverte fut sans contredit de pouvoir voir et approcher à quelques mètres un groupe d'une quinzaine de kangourous ! Nous en avions bien déjà vu quelques petits furtivement il y a quelques jours à la tombée de la nuit mais rien à voir avec le spectacle que nous avons eu à Cathedral Rock !
En fin d'après-midi, la bande broutait tranquillement l'herbe fraîche d'un marécage dans une grande clairière. Ils nous laissaient approcher à 2 ou 3 mètres puis s'éloignaient tranquillement en quelques sauts pour recommencer à brouter tout près. Il y avait même une mère accompagnée de son petit qui tétait dans la poche et, à l'occasion, y remontait pour se laisser promener; seule la tête et les pattes arrière sortaient de la poche. Nous étions déjà comblés de pouvoir ainsi admirer nos premiers kangourous de si près dans la nature lorsqu'un bruit nous alerta... Deux grands mâles, debout sur leurs pattes arrière (plus de 2 m de haut) ont entrepris un combat de boxe et ce n'était pas un jeu, croyez-nous ! Après quelques bons coups de pattes arrière et avant, l'un a perdu l'équilibre, s'est retrouvé au sol et a décidé qu'il n'était pas de taille, il a baissé les gants ! Tout un spectacle ! Cela fait peut-être un peu cliché de s’émerveiller devant ces beaux a!nimaux mais, que voulez-vous, en tant que nord-américains qui se sont délectés des aventures de Skippy, on ne peut faire autrement que d’être excités d’avoir pu voir des kangourous ailleurs que dans un zoo ! On nous dit que nous en reverrons beaucoup d’autres notamment dans l’Australie de l’ouest mais, ceux-ci sont les premiers et ils resteront bien gravés dans notre mémoire comme un très beau souvenir !

Sunshine Coast et Gold Coast


Vous l'aurez deviné, la côte est du Queensland, avec ses 300 jours de soleil par année est bordée par des kilomètres et des kilomètres de plages et ce, pour le plus grand plaisir des amateurs de surf et de kite ! Nous nous sommes contentés du «body surf» et nous nous sommes bien amusés dans les vagues (pas toujours reposant !).
Sur la côte se succèdent les villes et stations balnéaires aux noms évocateurs : Rainbow Beach, Palm Beach, Surfers Paradise, Mermaid Beach etc. ! Après quelques jours de plage, de soleil et de vagues, nous nous dirigeons au sud-est à l'intérieur des terres et entamons notre découverte de l'état du New South Wales (Nouvelle-Galles du Sud). Nous n'avons évidemment pas fait le tour du Queensland nous y reviendrons par le nord plus tard durant l'année, pour le moment c'est le début de l'hiver au nord et il pleut beaucoup. Nous poursuivons donc notre route vers le sud et l'été !

Bundaberg

Une fois l’achat de notre Kea finalisé, nous quittons Brisbane pour monter un peu vers le nord, vers Bundaberg, sur la côte, le point d’atterrissage de nombreux voiliers qui traversent depuis la Nouvelle-Calédonie. En effet, nous avions confié à nos amis français, Betty et José du catamaran Nan Fong, quelques caisses de nos effets personnels ce qui nous a évité un important excédent de bagages sur l’avion. Eux étaient retournés en France pour la période des Fêtes mais nos bagages nous attendaient bien sagement sur leur catamaran installé en cale sèche à Bundaberg. Nous avons aussi profité de l’occasion pour renouer et saluer avec quelques autres bateaux amis également abrités à Bundaberg pour la saison cyclonique. Au fil de ces 5 ans avec le Sol Maria, nous avons fait plusieurs belles rencontres et il est sûr que, même si nous n’avons plus de bateau, nous entretiendrons très précieusement ces liens d’amitié.

Par ailleurs, Bundaberg, 55 000 habitants, a su préserver une rare élégance : des larges rues bordées de palmiers, des vieilles demeures de style Queenslander (grandes galeries couvertes d’un toit et courant sur les 3 côtés) et, autour, d’immenses champs de canne à sucre pour alimenter la distillerie de rhum locale reconnue à-travers le pays et plein d’arbres fruitiers. C’est la saison des mangues, pas besoin de vous dire qu’il y en a tous les matins pour le petit déjeuner !

Notre nouveau toit : notre motorisé Kea Endeavour


Brisbane, 1er décembre 2009
Après une semaine de recherche et magasinage dans la région de Brisbane, notre choix s’est finalement arrêté sur un motorisé de la compagnie Kea. Ce sera notre « home » pour les prochains mois.
Nous avons choisi le modèle Endeavour de Kea : véhicule Ford Transit 2007, moteur diesel 2,4 l turbo, 6 vitesses, 93 000 km, 6,8 m long, peut coucher 6 personnes, une salle bain-douche, cuisinière au gaz, frigo électrique, air climatisé dans la cabine et à l’arrière, de belles lignes qui nous plaisent bien, spacieux, très éclairé, agréable à conduire, assez gros mais pas trop, facile à garer, belle finition intérieure.
Pour plus de détails, visiter le site Kea à l’adresse suivante :
http://ausales.keacampers.com/vehicles/vehicleDetails.aspx?siteID=45c3f703-71c8-4d13-bb76-ba0cdac3588a&vehicleGroup=la&stockItem=endeavour
Fait cocasse… même si nous avons quitté le bateau, le bateau ne nous a pas quittés totalement… Endeavour était le nom du navire du Capitaine Cook, le premier blanc (britannique) à mettre pied en Australie en 1770. De plus, on s’échappe encore souvent et on dit : « on retourne au bateau » ou « j’ai oublié cela dans le bateau », comme quoi Sol Maria est toujours présent dans notre esprit !
En passant donc, des nouvelles du Sol Maria… il est bien arrivé à bon port en Nouvelle-Zélande après une belle traversée voile-moteur de 5 jours avec son nouveau capitaine Gavin Morris. Gavin est un marin aguerri qui fait de la régate depuis plusieurs années. Il n’a donc eu aucun problème à se recruter un équipage de 4 fringants matelots qui ne demandaient pas mieux que de l’accompagner dans cette traversée Nouvelle-Calédonie-Nouvelle-Zélande puisque son épouse, Lica, devait retourner par avion à Auckland pour son travail.
Petite anecdote pour ceux et celles qui sont venus à bord du Sol Maria… À un moment donné, lorsque nous étions à bord ensemble à Nouméa et expliquions à Gavin et Lica tout ce qu’il fallait savoir à-propos du fonctionnement du Sol Maria, Gavin nous pose la question suivante : « Quelle est la première chose que je vais briser sur le bateau selon vous ? » Nous y pensons quelques secondes, nous ne trouvons rien à répondre, nous lui disons, « Non, tu ne briseras rien, tu feras sûrement quelques erreurs de manipulation avec le désalinateur par exemple mais rien qui occasionnera un bri… non décidément, on ne voit pas ce que cela pourrait être, Sol Maria est un bateau robuste et en très bon état… »
Or, quelle fut pas notre surprise lorsque le 2e jour de leur traversée, nous recevons un courriel de Gavin disant qu’il s’était brisé un bras en glissant sur le banc mouillé du cockpit !!! Tous ceux et celles qui sont venus sur le Sol Maria savent bien de quel endroit il s’agit ! Dès leur arrivée à bord, Réal mettait en garde tout le monde à-propos de cet endroit glissant lorsque mouillé et Lucie s’empressait toujours de mettre une serviette anti-dérapante à cet endroit lorsque c’était mouillé !!!
Eh bien, même s’il avait été informé de ce risque, Gavin a oublié, glissé et s’est fracturé le bras dès sa première journée en mer sur le Sol Maria ! Il nous a toutefois affirmé que cela en prendrait beaucoup plus que ça pour l’arrêter, il a poursuivi sans plus d’histoire sa traversée ! Lorsque nous avons répondu à son courriel, après lui avoir dit combien nous étions désolés de cette mésaventure, nous n’avons pas pu résister de lui dire que, lorsqu’il nous avait posé cette question quant à la première chose qu’il briserait à bord, nous étions bien loin de penser que la réponse serait : lui-même !!!

Brisbane, capitale du Queensland


22 novembre au 2 décembre 2009
Le Queensland, surnommé « Sunshine state » grâce à ses 300 jours de soleil par an, est dominé par une longue côte de plages dorées, d’une mer émeraude et d’un nombre incalculable de vacanciers et de surfers !
Brisbane, près de 2 millions d’habitants, est une ville moderne et dynamique au climat tropical qui attire de plus en plus d’Australiens et d’étrangers car il y fait bon vivre. Le centre-ville est délimité par une boucle de la rivière Brisbane ce qui lui ajoute une dimension « nature » et sert de prétexte à de nombreux parcs, points de vue, ponts, pistes cyclables etc.
Tous les points d’intérêt étant à l’intérieur d’un périmètre « marchable », nous chaussons donc nos espadrilles et partons à sa découverte. Superbes édifices, le moderne côtoyant l’ancien, un jardin botanique magnifique où les ibis font office de pigeons, où les palmiers et plantes tropicales voisinent les eucalyptus et conifères, musées, plages en ville et, enfin, des rues piétonnières commerciales animées où on trouve de tout tout tout !
Nous en profitons donc pour faire quelques achats pour notre nouvelle maison et notamment un GPS, cette petite merveille que nous avions découvert avec la voiture de location que nous avions utilisée pour aller à la recherche de notre motorisé. Si, si, nous connaissions évidemment bien le GPS avec le Sol Maria mais cette version « routière » nous a tout simplement renversés ! Vous, nord-américains et européens, êtes bien habitués à cette technologie mais pour nous ce fut un véritable coup de foudre ! Quel plaisir que de voyager avec cette petite boîte parlante ! Lucie, qui fait le plus souvent office de co-pilote à bord du Kea, a vu sa tâche bien allégée, elle adore tout simplement !

AUSTRALIA, DOWN UNDER !


Brisbane, 22 novembre 2009
Après 3 heures de vol, depuis Nouméa, nous voici à Brisbane, sur la côte est de l’Australie. Dire qu’il aurait fallu environ 5 jours pour traverser avec le Sol Maria… trêve de comparaison, chaque moyen de transport a ses avantages et inconvénients, l’avion c’est plus rapide mais nous voilà sans toit maintenant, on se met donc à la tâche pour dénicher notre maison sur roues (appelez-le motorhome, camping-car, camper, véhicule récréatif, motorisé… c’est au choix).
Mais, auparavant, quelques mots et quelques chiffres sur l’Australie pour vous donner une idée de la dimension de notre tâche pour les prochains mois… L’Australie c’est donc :
  • 21 millions d’habitants dont la plupart vivent sur la côte est entre Melbourne et Brisbane;
  • 24% des Australiens sont nés à l’étranger et 40% ont des origines mélangées;
  • seulement 2,2 % de la population est d’origine aborigène; les aborigènes vivent surtout dans les territoires du nord;
  • 25 800 km de côtes et plus de 7 000 plages;
  • le pays s’étale grossièrement du 10e degré au 45e degré de latitude sud… pour vous donner une idée, si on reporte ces latitudes au nord de l’équateur, le pays s’étendrait de Montréal jusqu’au Costa Rica !
  • les pays voisins sont, au sud-est la Nouvelle-Zélande et au nord, l’Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée;
  • un pays jeune… colonisé par les Anglais à compter de 1788 : ils y envoyaient leurs ¨convicts¨ (prisonniers ou forçats); on raconte que la première flotte de 11 navires qui arrive à Sydney en 1788 compte 751 prisonniers plus 250 militaires et leurs épouses… en Angleterre, à cette époque, les prisons étaient bondées… les sentences étaient donc, dans un ordre croissant : le fouet, l’embarquement forcé sur un navire de sa majesté en tant que matelot, l’exil en Australie et la pendaison !
  • la déportation des ¨convicts¨ cesse dans les années 1840 et en 1851, on découvre de l’or dans l’est et le centre du pays ! S’en suit une foule d’émigrants anglais, irlandais, écossais et européens mais aussi chinois;
  • les sports les plus populaires : le rugby et le cricket… à découvrir !
  • jadis patrie des buveurs de thé et de bière, l’Australie se tourne de plus en plus vers le café et le vin; reconnu comme l’un des meilleurs du monde, le vin australien est aujourd’hui l’une de ses principales exportations… belles dégustations en perspective !
  • quand il fait chaud au sud, de décembre à février (25-30C) c’est torride au nord (40-45C); il faut donc bien suivre les saisons pour voyager agréablement dans le pays
  • le pays est divisé en 6 états : le Queensland au nord-est, les Nouvelles Galles du Sud au sud-est, Victoria à l’extrême sud-est, l’Australie méridionale au centre sud, les Territoires du Nord au centre nord et l’Australie occidentale qui occupe tout l’ouest, un tiers de la superficie du pays;
  • nous commençons donc notre découverte de l’Australie par l’état du Queensland dont la capitale est Brisbane. Bienvenue en Australie !

Nouvelle-Calédonie, 1er septembre au 22 novembre 2009

Nouvelle-Calédonie, un nom qui fait rêver bien des marins... ! Le plus grand lagon au monde ! La fameuse Île des Pins dans tous ses tons de bleu et de vert ! Les poissons exotiques en grande quantité ! Alors... par où commencer pour vous raconter notre découverte de la Nouvelle-Calédonie ?


Par l'EAU bien sûr ! Le plus grand lagon au monde... L'île principale qui porte le nom de «Grande Terre» est entourée de récifs formant cet immense lagon, une ceinture de récifs qui fait plus de 1800 km de circonférence ! C'est si grand qu'on se croirait parfois en mer. Les cartes marines nous le rappellent toutefois puisque nous naviguons dans des profondeurs en général autour de 25-30 mètres. Cet immense lagon est parsemé d'îles, d'une multitude d'îlots et de récifs bien sûr. Le capitaine doit être attentif à sa navigation mais, contrairement au Fidji, ici, nous sommes en territoire français, les cartes sont précises, on peut s'y fier. À l'intérieur du lagon, la mer revêt tous les tons de bleu et même de vert, un spectacle incroyable ! Même si nous en avons déjà vu plusieurs magnifique mouillages dans notre tour du monde, il faut admettre que ceux de l'Île des Pins sont exceptionnels et figureront dans nos «top ten»: Kuto, Gadgi et Baie d'Oro sont pour plusieurs marins et pour nous aussi parmi les plus beaux au monde que nous ayons vus !
Et puis, on ne peut parler de l'eau sans parler des POISSONS. À ce chapitre aussi la Nouvelle-Calédonie se révèle exceptionnelle tant par la diversité, la quantité que par la grosseur de ses poissons. Chaque plongée nous ravit et nous fait découvrir de nouvelles espèces toutes aussi colorées les unes que les autres. Pas besoin d'aller loin, juste sous les coques du Sol Maria, on plonge dans un aquarium ! Plusieurs de nos invités ont aussi eu le plaisir (et le frisson) de se familiariser avec les requins. Non, ils ne sont pas dangereux ici, juste un peu curieux et, le plus souvent, beaucoup plus effrayés que nous ! C'est aussi en Nouvelle-Calédonie que nous avons pu observer le plus grand nombre de poissons rémoras, ces poissons avec une grosse ventouse au dessus de la tête (on dirait une trace de pneu) et qui se collent sous les coques du catamaran. La mer a aussi été très généreuse avec nous, la pêche a été excellente : tazards (wahoo), thons (bonite), dorades (mahi mahi), carangues etc. ont régulièrement figuré au menu pour notre plus grand plaisir.
Quant à la TERRE, le moins que l'on puisse dire, c'est que nous avons été surpris ! Rien à voir avec ce que nous avions déjà vu dans d'autres îles tropicales, même en Polynésie et au Fidji qui ne sont pourtant pas si loin. Si, il y a bien des cocotiers ici et là sur ces magnifiques plages d'un sable des plus fins, mais ce sont les grands pins colonnaires, la terre orange et le chant omniprésent des oiseaux qui n'ont pas cessé de nous étonner. Nous y avons découvert une végétation parfois sèche, parfois luxuriante et, particulièrement dans le sud calédonien, cette terre orange mise souvent à nue à la suite de prospections minières, le sol regorgeant de minéraux : chrome, nickel, jade etc. Quelques belles randonnées à pied pour gravir un sommet ou aller admirer la vue d'un phare nous a permis de prendre contact avec cette superbe nature qui nous a conquis.
En ce qui concerne le PEUPLE... d'origine mélanésienne, nous avons découvert d'autres coutumes, un autre art et un autre mode de vie. C'est vrai qu'en Nouvelle-Calédonie on entend beaucoup parler de la tension sociale entre les kanaks (les autochtones) et les caldoches (les blancs, surtout des français évidemment). Pas question de parler politique ici, disons simplement qu'en tant que voyageurs et marins, tous les kanaks que nous avons rencontrés ont été fort sympathiques et accueillants envers nous. Toutefois, nous n'avons pas eu l'occasion de les côtoyer autant que ce fut le cas au Fidji par exemple, la plupart des îles que nous avons visitées étant peu ou pas peuplées.

Enfin, la Nouvelle-Calédonie restera toujours aussi gravée dans notre mémoire comme étant le port où nous nous sommes séparés du Sol Maria. Ses nouveaux propriétaires néo-zélandais, Gavin Morris et Lica Lightwood, sont venus en prendre possession et l'ont ramenée en Nouvelle-Zélande à partir d'où, en février prochain, ils entreprendront leur Tour du monde en compagnie de leur fille de 13 ans, Shea.
Nous avons passé ensemble 2,5 jours très intensifs à bord à Nouméa pour leur transférer tout notre savoir quant à la conduite et à l'entretien du Sol Maria. Nous avons laissé le Sol Maria entre très bonnes mains, Gavin et Lica sont des marins aguerris, ils sauront bien en jouir et lui donner longue vie !
Ils ont décidé de conserver le nom Sol Maria, donné en l'honneur de nos deux mères décédées, Solanges, la mère de Lucie et Maria, la mère de Réal. Nous en sommes bien heureux et nous sommes sûrs que Solanges et Maria continueront de veiller sur eux comme elles l'ont fait pour nous.
Même si nous avons vendu le Sol Maria, cela ne signifie pas que nous ne naviguerons plus. Nous avons juste décidé de poursuivre différemment notre Tour du monde. En 2010, nous visiterons l'Australie avec un motorisé (campervan), comme nous l'avions fait en Nouvelle-Zélande. Puis ce sera l'Asie en sac à dos.
Nous comptons bien aussi louer, à l'occasion, des catamarans en Thailande, aux Seychelles ou ailleurs, comme Réal le faisait auparavant, pour jouir encore des îles et de la vie sur l'eau. Nos amis seront bien sûr toujours les bienvenus à bord !


BON VENT, BONNE VOILE SOL MARIA !
MERCI LA VIE !

Le Sol Maria est arrivé en Nouvelle-Calédonie

Nouméa, 1er sept 2009

Après 5 jours et 6 heures de traversée depuis les Fidji, le Sol Maria est en Nouvelle-Calédonie, à Nouméa, la capitale.

Nous avons eu du bon vent pour les premiers 36 heures, 25-30 nœuds, grand largue avec une grande houle qui nous berçait mais la mer s’est aplatie peu à peu et le vent s’est essoufflé de sorte que, comme à l’habitude, nous avons terminé le passage à moteur… !

Cela fait tout drôle d’entendre parler français dans les rues ! Nous sommes bien heureux de retrouver la baguette et le vin français ! Nous partons à la découverte du plus grand lagon au monde, la Nouvelle-Calédonie et nous vous reviendrons bientôt avec nos premières impressions ! À + !


Fidji, c’est le nom d’un ailleurs où près de 330 îles s’éparpillent sur 1,3 million de km2 d’océan et où le temps qui passe est une notion abstraite. La végétation y est incroyablement luxuriante et, pour la concurrencer, l’eau y joue de sa palette de bleus, des plus tendres aux plus ardents. Le paysage y est extraordinairement contrasté : les forêts tropicales et leurs cascades rivalisent avec les champs de canne à sucre et les cocoteraies. Le thermomètre n’y descend pas en dessous de 22C et avoisine les 33C en période de grande chaleur. Le chant des oiseaux berce la vie tel un métronome, tandis que sous ses eaux croissent les plus spectaculaires coraux mous de la planète. Le voyageur en visite aux Fidji y apprend, au gré des villages, les rites de la vie en tribu et ses coutumes, Un art de vivre où la nature est au centre de toutes les attentions. (Extrait du Petit Futé-Fidji)



Notre escale à Fidji tire déjà à sa fin… snif… snif… Arrivés ici fin mai, déjà 3 mois que nous profitons du chaud soleil des Fidji et de l’accueil non moins chaleureux des Fidjiens. Les Fidjiens sont d’un naturel généreux et consacrent volontiers de leur temps à aider les visiteurs à se familiariser avec leur culture. Ils vous accueillent toujours avec un grand sourire et un sonore BULA (bonjour et bienvenue en fidjien). C’est vrai qu’ils sont habitués à voir des touristes mais ils ne sont pas harassants ou quémandeurs. Ils échangeront toutefois volontiers fruits, coquillages, poissons, langoustes contre un T-shirt, un bout de corde, des lunettes de lecture ou toute autre chose utile pour eux. Vous avez pêché un poisson… avez-vous pensé à garder la tête et la leur donner ? Ils en seront ravis, c’est la meilleure partie pour une succulente soupe de poisson !

Cette année, nous avons surtout navigué dans deux archipels au nord-ouest de l’île principale de Viti Levu soit les Mamanuca et les Yasawa. Les Mamanuca présentent l’aspect parfaitement classique de ces petites îles posées sur l’eau entourées de sable blanc, d’eau claire et de récifs. Les Yasawa sont plus imposantes, volcaniques vertes et plus montagneuses mais aussi bordées de grandes plages désertes et de récifs.

Les ancrages y sont nombreux et accueillants. Vous avez le choix, devant une plage sauvage ou devant un village animé de 200 ou 300 personnes. . Où que vous soyez toutefois, sachez que la terre appartient à quelqu’un et même l’eau sur laquelle le Sol Maria flotte. Il faut demander la permission au chef du village sitôt que l’ancre est mouillée. Bien sûr, il vous accueillera avec un grand BULA et vous souhaitera la bienvenue mais la tradition doit être respectée, il vous faudra faire votre Sevusevu au chef à votre arrivée. Faire le Sevusevu, cela consiste à aller présenter un paquet de racines de kava * (que vous avez acheté au préalable au marché en ville). Le chef acceptera le présent, fera un petit discours de bienvenue et voilà, vous pouvez maintenant circuler librement dans les îles sous sa gouverne. Les villageois sont plus qu’accueillants, ils vous font visiter le village et ils adorent se faire photographier (gratuitement !). D’une extrême politesse, même les tout petits, viennent se présenter, disent leur nom, donnent une poignée de main et ajoutent «Nice to meet you» ! Ils s’intéressent à vous… What is your name ? Where do you come from ? How long have you been in Fiji ? How old are you ? (!!!) Do you have children ? etc

* Kava : La racine de kava sert à faire une boisson qui a des effets relaxants voire même anesthésiants. Toutefois le kava est plus qu’une boisson ou une coutume, c’est un lien social. Le cérémonial qui accompagne la prise de cette boisson est un moment fort qui rythme le quotidien des Fidjiens. La boisson elle-même n’est qu’une racine pilée et mélangée à de l’eau (pas un goût extra selon nous !). Le kava provient de la racine d’un arbuste de la famille des poivriers. Ce n’est pas une drogue ni un alcool et aucune accoutumance n’est à craindre. Beaucoup moins dommageable socialement que l’alcool, le kava a d’ailleurs été réintroduit au Vanuatu et en Nouvelle-Calédonie où il avait été banni par les missionnaires.

Nous avons été invités à quelques reprises à la cérémonie du kava en fin de journée, voilà comment cela se passe… Les hommes (les femmes y sont rarement présentes, si elles le sont, elles boivent à la fin) sont assis sur un mat (un tapis tressé de feuilles de coco) sous un abri, il faut se déchausser et s’asseoir les jambes croisées (en indien comme on dit chez nous). Le premier bol est toujours pour le chef du village puis c’est le chef des invités qui prend la suite, dans notre cas, notre capitaine Réal ! Quand votre tour arrive, le kava est versé dans une coque de noix de coco, il faut le boire (au moins au premier tour, ce serait impoli de refuser); avant de boire votre bol, on frappe une fois dans les mains et on dit Bula. On boit puis on remercie en disant Vinaka et on frappe trois fois dans les mains. D’une manière générale à chaque gorgée avalée par quiconque, on frappe trois fois dans les mains. Disons que l’expérience est intéressante socialement parlant mais pas nécessairement concluante d’un point de vue gastronomique !

Autre élément culturel intéressant… «Fijian Time» ! Aux Fidji, la notion d’horaire est chose abstraite, voire même fantaisiste. On ne trouve d’horloge nulle part et vous verrez rarement un Fidjien avec une montre ! «Fijian Time» aiment-ils répéter ! Il s’agit d’une conception de vie qui consiste à considérer que les choses arrivent quand elles arrivent, si toutefois elles arrivent ! On vit ici au ralenti, le temps qui passe n’est pas une grande réalité, la douceur de vivre n’en est que plus importante !

Il y aurait encore beaucoup à dire sur les Fidji mais nous nous en voudrions de passer sous silence la grande présence du peuple Indien aux Fidji. Sur les 900 000 habitants qui peuplent les Fidji, 51% sont d’origine Fidjienne et 41% d’origine Indienne (Inde). Il est donc courant de voir dans les rues ces jolies indiennes drapées de leurs plus beaux saris et de humer les saveurs exotiques de la cuisine indienne. La position des Indiens aux Fidji est toutefois un peu délicate. Cela fait plus de 125 ans que les premiers Indiens sont arrivés aux Fidji pour être exploités dans les plantations de canne à sucre (ils ont été amenés par les anglais car les Fidjiens étaient des pêcheurs et cultivaient peu la terre). Les Indiens vivent regroupés en communautés mais ne peuvent acheter la terre sur laquelle ils vivent, seuls les Fidjiens de souche peuvent posséder un terrain. Cela crée évidemment des tensions entre les groupes et le gouvernement où de plus en plus d’Indiens sont représentés a du mal à gérer cette réalité.
Nous avons adoré notre escale aux Fidji… Sous un soleil radieux, frôler les récifs et les hauts fonds bleu turquoise, plonger parmi les poissons tropicaux aux couleurs vives et les gigantesques raies mantas, flâner sur ces grandes plages désertes et aussi rencontrer ce peuple toujours souriant et accueillant !


Notre prochaine destination, une courte escale aux Vanuatu, à 470 milles nautiques, 4 jours de navigation, puis ce sera la Nouvelle-Calédonie, un autre 200 milles. Nous devrions prendre le large autour du 27 août prochain. À bientôt donc aux Vanuatu !

Sol Maria a Fidji !

Samedi, 30 mai 2009

Bula !

Le Sol Maria est arrivé à Suva, Fidji, tôt ce matin à 04h00 après un dernier 60 milles avec du vent dans le nez.

La traversée aura donc pris 6 jrs et 16 hres soit 16 hres de plus que celle dans l'autre sens en novembre dernier. Ce n'est donc pas un record mais nous sommes bien contents d'être arrivés. Il fait beau et chaud, plein de palmiers et une végétation tropicale à souhait !

Nous attendons les autorités (santé, douanes et immigration) qui viennent sur le bateau, nous n'avons pas le droit d'aller à terre avant leur visite. C'est différent d'un pays à l'autre, ici, ils prennent ça au sérieux ! De toute façon, on a de quoi à s'occuper. Il faut aussi faire le changement de garde-robe, on est passé de 5-15 C à 22-28 C !

On vous revient un peu plus tard, grosses bises à tous et surtout, grands grands mercis à mon frère Jacques pour son plus que fidèle suivi météo digne d'un professionnel !

Le Sol Maria en route pour les Fidji

Jeudi, 28 mai, 17h30, heure de la Nouvelle Zélande

Notre traversée océanique Nouvelle-Zélande - Fidji progresse bien. Après 4 jours, il nous reste 30 heures à faire sur un total de 160; nous y sommes donc presque !

Nous avons eu des belles journées (et nuits) de navigation avec du bon vent, 20 à 30 noeuds de l'est, qui nous faisaient faire de bonnes vitesse, 8-10 noeuds. Il y a eu aussi des journées de pétole (comme disent les français), c'est-à-dire sans vent, qui ont fait ronronner nos nouveaux moteurs. Le capitaine adore leur son et apprécie énormément les nouvelles hélices à 3 pales qui ont réduit de beaucoup la vibration en comparaison aux 2 pales d'origine.

Un peu de pluie au début mais nous naviguons maintenant sous le soleil et pouvons déjà sentir le vent chaud des îles. Quel bonheur !

La météo nous annonce une mer calme et des vents très faibles d'ici la fin de notre traversée, la nouvelle écurie du Sol Maria sera donc bien sollicitée d'ici à notre arrivée à Suva dans l'Île de Viti Levu.

Le capitaine étraînera demain son cadeau de Noel et nous comptons bien manger du bon poisson frais à notre arrivée à Suva. Il doit y avoir du poisson dans ces eaux parce, depuis notre départ, nous voyons des albatros qui planent autour du Sol Maria. Quels oiseaux exceptionnels, impressionnants avec leur 2 mètres d'envergure d'aile ! Nous avons même eu l'occasion de les voir amerrir tout près du catamaran ! Merci la vie !

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Le Sol Maria lève les voiles !

Nous quittons la Nouvelle-Zélande aujourd'hui le 23 mai 2009 en après-midi, destionation Fidji, 1038 milles nautiques.

Espérons arriver dans 6 ou 7 jours... à suivre !

Opua, 16 mai 2009

Cale sèche terminée, le Sol Maria flotte de nouveau, YOUPI !
Après 40 jours de cale sèche, son équipage en est bien heureux ! Deux moteurs neufs, deux hélices neuves (3 pales au lieu de 2) et surtout, 8 couches de peinture sur les coques !!! Vous avez bien lu... 8 couches de peinture... c'est ce qu'il faut pour s'assurer que la coque est bien protégée et que l'eau ne pénètrera pas et ne viendra pas détériorer la fibre de verre... tout un boulot... surtout que c'est l'automne ici et que les jours ensoleillés propices à la peinture se font de plus en plus rares. Nous avons pu heureusement profiter d'une bonne fenêtre météo et terminer nos travaux.

Notre campervan est vendu, nous sommes maintenant à la marina d'Opua, fin prêts pour le grand départ pour les Fidji, une traversée de 1060 milles nautiques, 6 à 7 jours de navigation en pleine mer. Plus de 350 bateaux sont en attente d'une bonne météo pour prendre la mer soit pour les Fidji, pour les Vanuatu ou la Nouvelle-Calédonie.
La photo ci-haut démontre bien qu'il est temps de partir, il fait de plus en plus froid en Nouvelle-Zélande et il faut bien s'habiller pour naviguer (6 C la nuit, 15 C le jour).

Whangarei, 15 avril 2009


Comme toujours les travaux de cale sèche sont plus longs que prévu et ils réservent des surprises ! Cette année, les surprises furent de taille !!!

D’abord, il a fallu enlever (décaper et sabler) toute la peinture anti-salissure (les 3 couches d’anti-fouling) car elle n’avait pas bien adhéré l’an dernier et se défaisait par plaque ! Un travail épuisant qui consiste à d’abord décaper, gratter puis sabler… pendant près de 2 semaines, 6 heures par jour ! Heureusement qu’on a un jeune capitaine pétant de santé !

Ensuite, ce sont les moteurs qui se sont avérés fatigués… ça se comprend… 7500 heures de loyaux services… les mécanos ici en NZ n’avaient jamais vu ça. Ce type de moteur est reconnu pour faire environ 5000 heures alors il est temps de les mettre à la retraite. À vrai dire, ce ne fut pas une surprise… on s’attendait à devoir les changer cette année ou l’année prochaine. Finalement, nous sommes bien contents de le faire ici, nous naviguerons l’esprit en paix la prochaine saison sans compter qu’il est beaucoup plus facile et économique de les changer ici qu’au milieu de l’Océan Pacifique !

Tout ça a fait que notre cale sèche se prolonge… ce sera probablement 4 semaines au lieu de 2 mais bon, ce n’est pas si grave, autant faire ici tous les travaux requis, rien ne presse, d’un point de vue météo, pour traverser vers les Fidji avant le début mai de toute façon. Nos voisins sont bien sympas et eux aussi ont des gros travaux à faire alors on s’encourage mutuellement !

Bon printemps aux québécois !

Whangarei, 27 mars 2009


Finies les vacances ! Les travaux de cale sèche commencent !
Nous sommes rentrés à la marina de Whangarei où le Sol Maria nous attendait bien sagement. Puis, ce fut la sortie de l’eau, un moment toujours un peu stressant et en même temps excitant. Le chantier que nous avons choisi est spécialisé dans la sortie des catamarans, c’est d’ailleurs le seul qui le fait à Whangarei. Il faut des équipements spéciaux tels cette remorque hydraulique. Le procédé est simple mais délicat. Le catamaran se positionne dans la rampe à marée haute; au fur et à mesure que la marée se retire, le catamaran vient se poser sur ses quillons et on se retrouve incliné à environ 10 degrés mais on a l’impression que c’est 30 degrés quand on circule dans le bateau. À marée basse, un gros tracteur recule une remorque sous le bateau entre les deux coques. Ils positionnent des gros 6x6 en bois aux points d’appui et ils soulèvent ensuite le bateau avec les leviers hydrauliques de la remorque. C’est une manœuvre délicate car tout le poids du bateau (14 tonnes) repose sur ces points d’appui. Il faut donc que ceux-ci aient été bien positionnés vis-à-vis les structures portantes du cata sinon crac… !!! Heureusement, le tout s’est bien déroulé, on nous a posé tout doucement ensuite sur notre aire de travail qui, par chance, est située le long de la rivière, donc vue sur l’eau et la marina voisine.
Nous vous faisons grâce de la liste des travaux à faire en cale sèche mais disons que les plus importants sont : refaire la peinture sur les coques (anti-fouling) sous la ligne de flottaison, grand ménage du printemps intérieur/extérieur, vérification et entretien des moteurs, des composantes électroniques et mécaniques, du gréement, des hélices etc.
On prévoit deux semaines de travaux, sans compter les inattendus qui peuvent prolonger un peu ce temps de cale sèche. C’est une période de travail intense mais cela fait partie de la vie de bateau ! On bosse fort pour avoir un bateau nickel qui nous permettra de naviguer de façon agréable et sécuritaire pour la prochaine saison.
Sur le chantier, la fraternité marine est plus que jamais présente. Les équipages échangent les informations, tout le monde donne son avis… la meilleure peinture, le meilleur mécano, les meilleurs fournisseurs, les meilleurs prix ! Toutes les langues sont présentes, nos voisins sont sud-africains, américains, suisses, hollandais, allemands et espagnols !

Napier, 11 mars 2009


Intéressante visite à une tannerie de peaux de moutons. Une parmi tant d’autres mais juste celle-ci traite 3000 peaux par semaine et exporte 60% de sa production partout dans le monde, incluant le Canada.

Assez impressionnant le nombre de manipulations qu’il faut effectuer avant d’obtenir une belle peau ! Nous vous faisons grâce de la description du procédé mais elles passent au lavage, à l’essorage, au séchage, à la coupe, au brossage, à l’assouplissage et même parfois à la teinture ! Le tout donne un résultat exceptionnel, doux doux doux !

Malheureusement, nous n'en avons pas pu en faire l'achat, les climats tropicaux sous lesquels nous naviguons ne s'y prêtent pas...

Napier, 10 mars 2009


Cette ville perchée au bord du Pacifique doit son élégance à une catastrophe : sa destruction en 1931 par un tremblement de terre de 7,8 à l’échelle de Ritcher.

Malgré la grisaille économique du début des années ’30, les habitants de Napier ont eu à cœur de rebâtir leur ville et ont adopté le style Art déco en vogue à l’époque.

Les bâtiments aux teintes pastel, aux lignes sobres et aux décors élaborés forment un ensemble qui a acquis une renommée internationale.

Une très longue promenade en bord de mer abrite aussi de nombreux jardins et sculptures.

Chaque année, un festival Art-déco se tient à Napier, on sort les vieilles voitures, on se costume et on danse comme dans les années '30 ! Toute une fête !

Cape Kidnappers, près d’Hastings, 9 mars 2009



Le cap doit son nom au capitaine Cook qui y jeta l’ancre en 1769 et faillit y perdre son interprète tahitien lors d’une tentative d’enlèvement effectuée par des Maoris.

Une autre magnifique rando (5 hres), cette fois-ci sur la plage sous un soleil radieux, au pied d’immenses falaises pour atteindre une colonie de fous austraux (gannets) qui peut compter jusqu’à 15 000 membres. Ce fut un bon exercice car il a fallu hâter le pas au retour pour éviter la marée haute qui menaçait de nous mouiller les pieds !

Wellington, 7-8 mars 2009, Bonne fête Benoît !


Nous voici de retour sur l’Île du Nord.

Ce fut une autre traversée tranquille. Nous retrouvons avec plaisir notre camping (!) au centre-ville près de la marina et du musée Te Papa avec vue sur la baie de Wellington.

Une grande marche sur les quais et retour par la ville pour admirer encore ses édifices anciens et contemporains puis une autre visite au Te Papa Museum qui présente une exposition sur Monet et les impressionnistes. Encore un régal pour nos yeux !

Les vignobles autour de Blenheim dans le Malborough, 5-6 mars 2009



Au début des années 1970, Montana Wines (appelé Brancott au Canada et USA) planta les premières vignes de la vallée Wairau. Il s’agissait d’émigrants yougoslaves qui ont apporté avec eux leur savoir viticole et, après avoir expérimenté la culture de la vigne dans d’autres régions, ils ont choisi le Malborough pour son climat propice à cette culture.

Aujourd’hui, près de 60 vignobles prospèrent dans ce qui est devenu la plus vaste des régions viticoles néo-zélandaises et la plus réputée en particulier pour ses sauvignons blancs. Les pinots noirs, pinots gris, cabernets, merlots, rieslings, chardonnays et mousseux sont aussi produits dans la région.

Nous avons eu bien sûr le plaisir de participer à une dégustation chez Montana qui nous a présenté ses meilleurs crus, dont son fameux sauvignon blanc reconnu mondialement, qui a conquis nos papilles ! Montana-Brancott exporte 60% de sa production. Pour vous permettre de goûter aussi un peu de la Nouvelle-Zélande, achetez-vous une bonne bouteille de sauvignon blanc et dites-nous ce que vous en pensez !

Il fut ensuite très agréable de se balader avec Péguy de par les petites routes bordées de vignes chargées de grappes de ces précieux fruits. Les vendanges commenceront dans quelques jours… dommage que nous devions quitter… nous prenons le traversier pour Wellington et l’Île du Nord le 7 mars.

Nous sommes sur le chemin du retour vers le Sol Maria.

Kaikoura, 3-4 mars 2009


Nous voici de retour sur la côte est de la Nouvelle-Zélande après avoir traversé les Alpes du sud grâce à la Lewis Pass, la moins haute (902 m) des 3 passes qui permettent de traverser l’Île du Sud dans l’axe est-ouest.

Kaikoura est une charmante petite ville dont les principales vedettes sont les cachalots, les orques et les dauphins ! En effet, ses eaux regorgent de ces grands mammifères marins à cause de la profondeur de ses côtes et de la rencontre des courants chaud et froid qui fait remonter à la surface une abondante nourriture (le fond de mer descend progressivement jusqu’à 90 m puis plonge à plus de 800 m). Toutefois, puisque nous avons déjà eu l’occasion à plusieurs reprises d’observer des baleines, nous avons choisi de nous délier les jambes et de faire le tour de la péninsule à pied, une belle balade de 4 heures au bord de la mer sous un ciel bleu magnifique.

La côte de la péninsule est escarpée, nous marchons donc en haut des falaises ce qui nous permet de jouir d’exceptionnels points de vue et surtout d’admirer les formations rocheuses qui apparaissent à marée basse. Il faut dire que, d’un point de vue géologique, cela «brasse» fort ici : les plaques tectoniques qui se heurtent font ressortir des tranches de rochers qui s’empilent verticalement et dessinent toutes sortes de formes géométriques.

Les kiwis sont égaux à eux-mêmes, encore une fois, un superbe sentier, tantôt sur du gazon, tantôt sur de la poussière de pierre et même du pavé uni pour terminer ! On ne vous l’avait pas encore dit mais la Nouvelle-Zélande est un paradis pour la randonnée pédestre. Chaque ville, chaque région regorge de sentiers bien documentés : 30 minutes, une heure, 3 hres, 5 hres, 2 jours, 4 jours, 7 jours, il y en a pour tous les goûts ! Nous n’avons jamais été déçus !

Fox Glacier et Franz Josef Glacier, 27 fév-3 mars 2008



Nous voici de retour sur la côte ouest, le long de la mer de Tasman. À l’ouest, c’est l’Australie et à l’est, ce sont encore les magnifiques Alpes du sud, les seules montagnes entre l’Australie et l’Amérique du sud. Les vents dominants de l’ouest viennent frapper ce mur de montagnes et engendrent les 4 mètres de pluie qui tombent annuellement ici. Pas surprenant que les sommets des montagnes qui dépassent le 3000 m d’altitude soient blancs et que des glaciers les recouvrent encore. Les deux glaciers les plus populaires, le Fox et le Franz Josef ne sont qu’à une vingtaine de km de distance l’un de l’autre et on peut les approcher de très près après moins de 30 min de marche.
Nous sommes allés bien sûr faire la photo classique des monts Tasman (3 498 m) et Cook (3 764 m) se reflétant dans le lac Matheson ! Ça en valait la peine n’est-ce pas ?

PS Marie-Claude, en revoyant les bancs de bois faisant face au lac, je me suis rappelée le «fun» qu’on avait eu avec un groupe de touristes qui attendait comme nous le coucher du soleil sur les montagnes pour l’ultime photo. T’en souviens-tu ?

Mt Aspiring National Park, 26 fév. 2008



Le lendemain, question de garder la forme, on se déplace dans le Mt Aspiring National Park pour une rando de 5 heures qui nous mène au glacier du Mt Rob Roy. Cette fois-ci la marche se fait sous un couvert forestier magnifique garni de fougères et de mousses de toutes sortes le long d’un torrent. Une belle montée progressive avec comme cadeau au final une vue imprenable sur le glacier. Des volées de kéas, ces perroquets de montagne verts très sociaux et gourmands, nous accueillent et nous réclament du lunch avec leurs cris stridents. Il est évidemment bien défendu de les nourrir mais ils ne semblent pas au courant de ce règlement et persistent dans leur quête. Quelles belles occasions de photos et de vidéos ! En prime, pendant l’heure que nous avons été au pied du glacier à jouer avec les kéas, nous avons été témoins de deux avalanches ! D’abord un grand bruit sourd puis des immenses blocs de glace bleue qui se détachent et dévalent la paroi rocheuse ! Pas surprenant que le ruisseau que nous avons suivi coule à torrent !
Merci Wanaka, on poursuit notre route vers le nord en longeant le lac et son jumeau, le lac Hawea, tout aussi bleu et tout aussi beau.

Wanaka 21-25 fév. 2008




Après trois jours de temps nuageux et maussade qui nous ont permis de prendre du temps pour mettre en ligne notre blog, le soleil est revenu sur Wanaka, un des lieux de villégiature les plus populaires du pays. Wanaka, c’est aussi un beau grand lac de 40 km de long et les sommets enneigés du Mt Aspiring National Park qui le dominent. Nous y avons fait deux randonnées magnifiques, celle de Roy’s Peak et celle de Rob Roys Glacier Valley.
La rando de Roy’s Peak, qui part du bord du lac, s’effectue en terrain découvert à-travers les pâturages de moutons pour atteindre finalement le sommet à 1578 m avec une vue 360 degrés à couper le souffle ! Nous avons grimpé le sentier abrupt lentement pendant 4 hres… pas besoin de se presser le sommet était encore dans les nuages ! Parfaite synchro, nous sommes arrivés au sommet alors que les nuages venaient tout juste de le quitter ! Paysages splendides, couleurs chatoyantes, lac d’un bleu intense, nous l’avons classée dans nos Top Ten ! La descente de 3 hres est moins éprouvante pour le cardio mais les muscles des jambes et les genoux sont finalement bien contents d’être arrivés !

Lac Manapouri, Lac Te Anau, Milford Sound et le Fiorland National Park, 16 au 20 fév. 2009


Magnifique séjour, 4 jours ensoleillés (ou presque) dans cet immense Parc National du Fiorland où il tombe 7 mètres de pluie annuellement ! Nous avons été bénis des dieux encore une fois ! Une épaisse forêt pluviale tempérée couvre des pentes abruptes qui enserrent 14 fjords (le plus grand a 40 km de long) et 5 grands lacs glaciaires. Avec des sommets atteignant 2750 m d’altitude, des falaises s’élevant de 1200 m au-dessus des fjords profonds et des chutes plongeant de 160 m, le Fiorland recèle des paysages extraordinaires qui attirent des visiteurs des quatre coins du monde. Encore de superbes randos nous offrant des paysages époustouflants, des sites de camping sauvages en pleine nature, des vues 360 degrés sur des hautes montagnes et leurs falaises abruptes et leurs pics majestueux !

Il faut aussi souligner la gentillesse de deux pêcheurs kiwis qui nous ont offert une belle grosse truite arc-en-ciel (18 po long, 6 lbs environ)… Un soir, nous sommes campés près d’une rivière, à la brunante, on frappe à notre porte, les pêcheurs nous demandent si on veut du poisson, ils nous disent adorer pêcher mais ils ne mangent pas de poisson ! Bien sûr que nous acceptons avec grand plaisir et le lendemain, quel régal ce fut ! Nous nous sommes bien promis l’an prochain d’apporter nos cannes à pêche puisque la Nouvelle-Zélande regorge de lacs et de rivières poissonneux. La pêche est presqu’un sport national !

Et ce ne fut pas la première fois que les kiwis ont été aussi généreux et accueillants envers nous. Ainsi, alors que nous nous cherchions un endroit pour dormir près d’une ville en bord de mer, on se présente dans un cul de sac donnant sur la mer avec quelques maisons aux environs. On hésite un peu ne sachant pas si on dérange mais voilà que, d’un grand signe de la main, un homme nous invite à y demeurer pour la nuit. On échange un peu, il s’appelle Grant, il habite tout près et il est venu surveiller ses enfants qui se baignent à la plage. Quelle ne fut pas notre surprise lorsque, le lendemain matin alors que nous déjeunions, il est venu nous offrir 6 œufs tout frais sortis de son poulailler ! Beau geste illustrant bien l’accueil chaleureux que réservent les kiwis aux étrangers visitant leur pays.

Lac Wakatipu, Queenstown et les environs, 12 au 16 fév. 2009


Queenstown a la réputation d’être une ville très touristique et elle l’est mais son site au bord du lac Wakatipu est tellement exceptionnel qu’on ne peut s’empêcher de s’y arrêter et d’y flâner un peu ! On y offre toutes les activités d’aventure qui sont très populaires en NZ et auprès des touristes : saut à l’élastique (bungy), rafting, parachute, parapente, jet-boat et j’en passe. Nous avons préféré de belles randonnées pédestres autour du lac et dans les montagnes qui entoure ce magnifique le lac glaciaire qui fait plus de 60 km de long !

Kingston, 10 fév. 2009


C’est depuis 1909 au village de Kingston, situé à la pointe sud du lac Wakatipu, que le train à vapeur débarquait les voyageurs qui rembarquaient aussitôt sur des bateaux aussi à vapeur à destination de Queenstown. Les bateaux à vapeur ont depuis longtemps disparu mais les habitants de Kingston ont réussi à conserver leur train qui effectue encore un trajet quotidien d’une heure et quart pour le plus grand plaisir des touristes.
Nous avons eu la chance d’arriver à Kingston au moment où le Kingston Flyer (il était réputé très rapide, d’où ce surnom) arrivait en gare avec ses plus beaux «tchou-tchou» suivis de grands sifflements et de jets de vapeur. Ensuite, nous avons pu assister aux préparatifs pour le prochain voyage : les cheminots ont fait le plein de charbon, d’eau et de bois d’allumage, ils ont nettoyé à la vapeur les sabots de frein et retiré les cendres de charbon de la fournaise. Ils ont eu la gentillesse de nous permettre de monter à bord et, pour l’instant d’un moment, de nous sentir chef de train !


Oretaki, 9 fév. 2009

Une très belle rencontre avec nos amis marins Karine et Jean-François du catamaran Intiaq battant pavillon suisse. Notre première rencontre avec eux date de 2005 alors que nous étions voisins de chantier à Trinidad lors de notre première cale sèche avec le Sol Maria. Depuis, nous nous étions revus rapidement en Martinique puis à Raiatea dans le Pacifique il y a quelques mois. En décembre dernier, nous nous étions retrouvés à Whangarei, à la marina où nous avons laissé le Sol Maria et eux, Intiaq. Ils projetaient aussi de visiter la Nouvelle-Zélande en campervan; ils sont venus visiter le nôtre et ont aussitôt décidé que c’était le modèle qu’il désirait acheter. Sitôt dit, sitôt fait ! Ils ont fait route en sens inverse de nous de sorte que nous nous sommes croisés dans le sud de l’Île du Sud. De belles retrouvailles autour d’une excellente fondue suisse (bien sûr) préparée par le chef Jean-François ! Échanges d’informations sur les sites de campings dénichés, sur les beaux endroits visités, sur nos projets de navigation respectifs, bref nous nous sommes couchés très tard ! Quelle belle fraternité que ce monde marin, nous en avons eu encore une fois un témoignage éloquent ! Merci Karine et Jean-François, nous nous reverrons sous peu, bonne route en NZ !

Curio Bay, 8 fév. 2009




Les pingouins aux yeux jaunes (yellow-eyed penguins), quelle rencontre inoubliable ! Plus d’une centaine de photos mais surtout, encore une fois, un beau cadeau et tout un spectacle de la nature !
C’est l’un des plus rares pingouins au monde ! Il niche seulement sur la côte sud de la Nouvelle-Zélande et dans ses îles environnantes. Ces pingouins nichent à terre, à 200 ou 300 m du rivage, parfois jusqu’à 1 km ! Nous avons eu la chance d’y être durant leur période reproduction. Les petits étant encore au nid, les parents vont, à tour de rôle, chasser à la mer et ramènent la bouffe dans leur estomac et la régurgitent aux petits, bec à bec. Il s’agit d’être là en fin d’après-midi et vous les voyez sortir de l’eau et traverser la plage pour se rendre à leur terrier. Réputé craintifs, on nous disait ailleurs qu’il ne fallait pas qu’on soit vu sinon ils ne sortiraient pas de l’eau. Des caches étaient construites à 200-300 m pour nous dissimuler et on les apercevait à peine ! Voilà que curieusement (!) à Curio Bay, les pingouins jaunes ici ne sont pas du tout craintifs, ils se baladent à-travers les touristes, attendent qu’on leur cède leur passage ou font le tour tout simplement ! Wow ! Quel spectacle ! À Curio Bay, ils sont protégés, on piège leurs prédateurs et les chiens sont interdits, c’est peut-être pour cela qu’ils se sentent si en confiance. Toutefois, c’est une espèce en danger de disparition et lorsqu’on nous dit que le taux de mortalité des jeunes pingouins en mer avant qu’ils soient en âge de se reproduire est de 75% à 80%, on se trouve privilégié de pouvoir les observer de si près. Merci la vie !